Les Êtres-Temps
« Chaque être individuel, chaque événement, bien que placés en ordre de succession, appartiennent à un seul et même temps. Rien, pas même un grain de poussière, n’est exclu de ce temps, de ce maintenant tel que nous le vivons, le « maintenant vivant »
Introduction de Charles Vacher au « Uji » (être-temps) de Dogen Zenji
Présentation
du projet d'exposition
"Les Êtres-Temps"
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A la mort de mes parents, j’ai hérité plusieurs mètres d’albums photos. Une grande partie des albums contenait des photos prises lors de nombreux voyages que mes parents ont effectués à partir du moment où j’avais quitté la maison familiale. A cela s’ajoutaient les véritables albums de famille, avec des photos de ma famille maternelle et paternelle. Toutes les photos avaient en commun un nombre incalculable de visages, qui souvent me regardaient. Que faire avec tous ces regards, tous ces visages, tous ces corps, bien vivants à l’instant où ces photographies étaient prises ?
Je ne pouvais pas m’en débarrasser, comme je me débarrassais des objets ou des meubles de la maison parentale. Les photos avaient un autre statut. Mais en même temps je n’avais pas la place, ni l’envie de m’encombrer de ces êtres immobilisés et compressés entre des pages poussièreuses.
C’est alors que j’ai décidé de couper dans les photos et d’en faire une matière malléable. J’ai ainsi créé différentes séries de collages, dans lesquels chaque photographie est un instant présent et restera un instant présent qui rejoint la présence d’un autre. La question de la succession des moments, de la mémoire, du souvenir a perdu son importance. Pendant que je créeais les collages, j’étais avec les ancêtres, avec les paysages, les cieux, les mers, dans une conversation vivante. Passé, présent, futur n’existaient plus, tout devenait un seul temps.

Collage sur sérigraphie, 2026

Collage sur sérigraphie, 2026

Collage sur sérigraphie, 2026

Collage sur sérigraphie, 2026